« Le fait de ne pas avoir osé faire des études de médecine » Ne pas me laisser guider par la peur… une intro pour raconter mon parcours

Nous avons récemment été interviewées dans un podcast et une des questions portait sur notre plus grand regret dans notre parcours de vie. Ma réponse a été rapide : « le fait de ne pas avoir osé faire des études de médecine ». Ce qui est dingue, c’est que c’est un aspect de mon parcours que j’élude le plus souvent. Là, dans le contexte de ce podcast, de la transmission de nos expériences, il m’a paru essentiel de le mentionner. Je me suis appuyée sur cette expérience pour ne plus me laisser guider par la peur et pour tenter des choses, même si le résultat est incertain. Je me suis dit, en postant cette vidéo plus tôt dans la semaine, que c’était aussi l’occasion de revenir sur mon parcours, de te partager mes réussites mais surtout mes hésitations et les chemins qui se sont ouverts à moi, ceux que j’ai choisi d’emprunter. Pas pour décrire une « success story » (ce qui n’est vraiment pas le cas !) mais pour raconter une histoire qui s’appuie sur une des convictions qui me guident dans nos coachings et qui fait sans doute aussi de moi la psy que je suis, avec mon propre style développé au fil du temps. Cette certitude, c’est que quand une porte se ferme, il y en a une autre qui est ouverte pas loin. Certains d’entre nous, et tu te reconnaitras peut-être, restent longtemps devant la porte fermée, ne sachant pas laquelle pousser ou ne voulant pas tenter d’en ouvrir une autre… par peur. Ces réactions sont fréquentes, naturelles et a priori protectrices, pas de stress donc si c’est ton cas, c’est normal. Mais, rester devant un ensemble de portes fermées alors qu’il y en a plusieurs qui s’ouvriraient – avec plus ou moins de difficulté, certes – est ridicule si on imagine la scène au premier degré. C’est la même chose dans la vie.

En sortant de rhéto, je voulais être psychiatre. 7 années de médecine si tout va bien, numerus clausus à la fin de la deuxième année parce qu’il y a trop de médecins (grrr), accès sélect à la spécialisation : ces risques ont eu raison de l’ado peu sûre d’elle que j’étais. Je savais que je voulais partir en Erasmus, j’étais en option math-langues, les études de gestion permettaient de mettre tout cela à profit dans un programme varié. Le jour de mon inscription, manuscrite, aux Halles universitaires à l’Université Catholique de Louvain, j’ai encore hésité avec agro… Finalement, me voilà en candi « sciences économiques, sociales et politiques ». Deuxième candi chiante. J’hésite à nouveau avec la médecine, je vais voir un psy qui m’encourage à continuer dans ma voie puisque je réussis. Nouveau choix pour les licences : « ECAP » (licence en sciences économiques appliquées en 2 ans) ou « LM » (licence et maîtrise en 3 ans). Je m’inscris en LM, je change d’avis après quelques mois en projetant un master dans une autre option, je pars en Erasmus en Norvège (le rêve). Je rédige un mémoire assez technique en gestion de l’environnement parce que je n’ai pas d’idée et que j’ai choisi l’orientation « gestion de la production / supply chain management » que je trouve la plus intéressante. Le moment du choix du master spécialisé arrive : gestion hospitalière ou gestion de l’environnement ? Quelqu’un pourrait se lever dans la salle et me dire que je fais systématiquement le mauvais choix, n’est-ce pas ? Je choisis un master spécialisé en gestion de l’environnement, dans la fac d’agro (ouf, quand-même un peu de lien dans tout ça). Ça permet de me rapprocher de mon mari, c’est donc le bon choix, au moins sur le plan perso. En deuxième année de master en environnement, je suis engagée comme assistante de recherche au « Centre Entreprise-Environnement » à l’IAG/LSM. Un poste s’ouvre ensuite pour être assistante dans l’unité de gestion de la production et des opérations et je deviens assistante en math et recherche opérationnelle. Arli et moi nous rencontrons à ce moment-là et on ne va pas vous le cacher, être assistante dans la fac où on a étudié, c’est juste dingue. Des années incroyables qui permettent de travailler, gagner sa vie, continuer à faire la fête et arriver comme des stars au CESEC (références de louvanistes : le cercle de sciences éco). En parallèle commence le travail sur ma thèse de doctorat : une modélisation de la gestion des pêches en Mer du Nord, au croisement de l’optimisation mathématique et de l’écologie. Comme j’ai encore un peu de temps libre, je fais l’agrégation et je découvre le « thaï-bo » avec Arli qui est sans doute mon meilleur moment sportif, jusqu’au CrossFit. Après deux ans, je rends mon avant-projet de thèse qui est validé.

Mais mon cœur continue de m’appeler sans relâche du côté de mes premières amours et je m’inscris alors en… médecine. J’ai 24 ans. J’hésite encore, « psychiatre à 36 ans ou psychologue à 30 ans ? ». Je ne saurai jamais ce qui se serait passé si j’étais restée en médecine car après avoir été rencontrer psychiatres et psychologues et assisté à des groupes de parole sur la solitude avec un psy de la Clinique Sans-Souci (je ne me souviens presque pas de cette période, de son nom ou de comment je suis arrivée là), je choisis de modifier mon inscription et d’aller en psycho. Les deux premières années sont très light car j’ai beaucoup de dispenses grâce à mes études précédentes et je peux continuer à travailler à temps plein comme assistante à l’IAG. Ces deux années sont destinées à la préparation de l’épreuve de confirmation de ma thèse. Jusqu’au jour où un article norvégien joue sur l’ouverture et la fermeture des portes de ma vie professionnelle. Cet article traitait exactement la même question de recherche que moi. Il y a beaucoup, beaucoup à refaire et là, je me pose la question qui a changé ma vie pro : « où ai-je envie de mettre mon énergie ? ». A aucun moment je n’ai envisagé de travailler en entreprise. Je ne voyais pas ce que je pourrais apporter au monde dans ce contexte. La consultance m’aurait sans doute plu mais je n’ai pas trouvé cette porte-là. Il restait donc le doctorat ou la psycho à fond. J’annonce à mon directeur de thèse et aux autres profs de l’unité que j’arrête pour me consacrer à mes études de psychologie, ce qui est reçu de manières diverses et variées. Je demande un crédit temps pour réaliser mes stages en hôpital, je travaille comme vendeuse chez Esprit à l’Esplanade pour arrondir mes fins de mois, je donne naissance à mon Gaspard, réalise mon mémoire sur « la passion amoureuse et la maternité » et je deviens psychologue clinicienne. J’adore mon job. C’est un Big Job. Je continue à me développer, pas en termes d’échelons à grimper mais en termes de compétences à acquérir, de transmission d’expériences. J’adore les thérapies de groupe, je me suis formée à la psychothérapie psychanalytique adulte puis ado, et récemment à l’expertise judiciaire. Je me souviens du stress de mes premiers jours de stage en psychiatrie, « et si ce n’était pas ça, si je m’étais trompée ? ». Je sais que je ne me suis pas trompée. Je regretterai toujours de ne pas avoir fait médecine, de ne pas être psychiatre alors qu’il en manque tant, surtout pour nos ados. Mais j’ai trouvé un sens à mon parcours dont j’ai profité à chaque instant. Des années plus tard, Bliss me permet de renouer avec le monde du management et j’aime ça.

On ne sait jamais ce qui va se passer quand on pousse une porte. Mais ça vaut toujours le coup d’essayer. Les parcours de nos clientes, comme les nôtres, ne sont pas linéaires et nous savons ce que c’est de vouloir se donner les moyens de trouver la voie la plus alignée avec soi-même. Si tu veux explorer ça avec nous, nous serons ravies de te rencontrer dans un call de bilan gratuit pour discuter de nos accompagnements. Ne laisse pas la peur décider pour toi.

Plein de Blisskiss

Jess